Beyond Good & Evil 2 est en développement depuis plus de 18 ans, et Ubisoft doit toujours prendre une décision difficile concernant l’avenir de son projet le plus ambitieux et le plus ancien. Poursuivre la production pourrait nécessiter de nouveaux investissements, tandis qu’annuler le jeu pourrait déclencher une nouvelle crise de confiance parmi les investisseurs et les joueurs.
Le projet a été présenté comme un jeu de rôle et d’action en monde ouvert, combinant exploration spatiale, combats, piraterie, fonctionnalités en ligne et rencontres avec différentes sociétés extraterrestres. Ubisoft a également décrit un univers construit autour de plusieurs planètes librement explorables, de vastes environnements et d’une histoire ambitieuse. Cependant, le site officiel du jeu n’a pas été mis à jour depuis juillet 2020, laissant peu d’informations récentes sur l’avancement du projet.
L’un des derniers commentaires publics est venu de Gaëtan Bruel, président du CNC français, qui a déclaré lors d’une interview accordée à Jeuxvideo.com en octobre 2025 avoir reçu une présentation du jeu pendant une visite chez Ubisoft Montpellier. Il a salué le moteur dédié développé pour le titre et a décrit son potentiel comme extrêmement ambitieux.
Depuis, les mises à jour sont principalement apparues sur des profils LinkedIn et dans des présentations destinées aux investisseurs. À la suite de la restructuration d’Ubisoft, Beyond Good & Evil 2 aurait été confié à Creative House 4 et resterait décrit comme une priorité pour l’entreprise. Un récent article d’Origami fait toutefois état d’une instabilité éditoriale persistante qui pourrait ralentir la production. Le problème ne serait pas simplement lié à une date de sortie repoussée, mais à un manque continu de clarté concernant l’orientation du jeu.
Les enjeux financiers sont également importants. Selon les informations citées dans l’article, le projet pourrait déjà avoir coûté plus de 150 millions d’euros à Ubisoft, même si l’éditeur n’a pas officiellement confirmé ce chiffre. Mettre fin au développement empêcherait de nouvelles dépenses, mais pourrait aussi exposer Ubisoft à une nouvelle réaction négative du marché après des années d’investissement dans le jeu.
Le cours de l’action d’Ubisoft a déjà montré à quel point les investisseurs sont devenus sensibles aux mauvaises nouvelles. L’action aurait chuté de 20 % après le report d’Assassin’s Creed Shadows et le démarrage décevant de Star Wars Outlaws, entraînant une diminution d’environ 300 millions d’euros de la capitalisation boursière de l’entreprise au plus fort de la baisse.
L’éditeur subit désormais des pressions pour démontrer que sa restructuration en Creative Houses peut transformer des années d’investissement en jeux commercialement viables. Annuler Beyond Good & Evil 2 pourrait fragiliser ce message, tandis que sortir un projet inachevé ou mal défini pourrait provoquer un autre type d’échec industriel et financier.
La situation reflète une évolution plus large des attentes des investisseurs. Ubisoft est passé d’un modèle dans lequel les marchés récompensaient ses ambitions à un modèle où les actionnaires exigent de plus en plus des preuves concrètes de la réussite de son exécution. Le cours de l’action de l’entreprise oscille autour de 5 € depuis avril 2026, ce qui indique une stabilisation relative, mais à une valorisation historiquement faible. Dans ce contexte, Beyond Good & Evil 2 reste à la fois un fardeau coûteux et un possible test de la capacité d’Ubisoft à tenir ses engagements les plus exigeants.
Sources: Jeuxvideo.com.